PLAIDOYER POUR NE PAS PLONGER

  

Cela nous est tous arrivé (encadrants et anciens y compris), et cela vous arrivera, un jour, un matin, ou un après-midi, de ne pas avoir envie de plonger. Quelquefois avec une raison évidente : malade, mal de tête, fatigue, froid, conditions défavorables (courant, vagues, temps couvert), etc… Une autre fois sans forcément de raison précise à cela, simplement un mal être, ou une angoisse diffuse d’y aller.

Alors si cela vous arrive, prenez la bonne décision : si cette idée de ne pas plonger persiste, et vous taraude l’esprit, et bien renoncez à descendre.

Ne vous laissez pas influencer par les mauvais génies qui veulent vous entraîner quand même, sous peine de rater la " plongée du siècle " ; qui argumentent qu’il faut vaincre sa peur, que c’est facile, et qui pour certains, cachent ainsi leur propre stress.

Rappel : la première des préventions des accidents est de ne pas plonger si l’on en a pas envie. Dans le cas contraire cette situation renforce le stress, l’inattention, la consommation, et entraîne des bouleversements physiologiques qui exposent un peu plus aux risques divers. Les cas d’incidents ou d’accidents, dont le point de départ est une plongée forcée, sont nombreux.

D’autre part, que vaut la plongée du siècle, si l’on y est stressé ?

Que vaut n’importe quelle plongée si l’on y prend pas du plaisir ?

Dire simplement :" j’y étais " (oui mais où dans sa tête ?) n’a qu’un intérêt mineur.

 

Votre décision est prise, irrévocable : JE NE PLONGE PAS !

Alors si il ne s’agit pas de raison de maladie ou de douleurs, d’un seul coup, comme par miracle, vous allez vous sentir mieux. C’est normal, vous évacuez une partie du stress, et vous allez pouvoir vivre un moment qui sera peut-être un excellent souvenir.

Plusieurs choix s’offrent à vous:

Laissez-moi vous faire imaginer ce que vous allez vivre dans ces deux derniers cas.

 

Etant très disponible, vous allez pouvoir observer en détails les divers comportements de vos camarades, dans toutes les phases de la sortie.

Le départ : rien à dire, à part ceux qui tentent encore de vous convaincre, si votre sac est à bord bien sûr !

Habillage : A part les hyper-stressés qui le sont déjà depuis longtemps, le traditionnel: " vous pouvez vous équiper, on arrive dans 10 minutes ", va déclencher un processus de " bordel " plus ou moins organisé. Un peu comme quand vous plantez un bout de bois dans une fourmilière, vous voyez ?

Là, déjà vous voyez les gens organisés et les bordeliques, les stressés et les calmes, les " toujours à l’heure " et les " toujours en retard ", les grandes gueules et les faux calmes angoissés, ceux qui ont tout en double pour prêter à ceux qui perdent ou oublient toujours quelque chose ; bref un cocktail de comportements humains sur quelques mètres carrés et en quelques minutes (pour une expérience c’est idéal). Quand je dis " cocktail ", l’analogie est proche car en général, il y a un joint qui pète dans ces moments là (champagne !), vous avez déjà remarqué ?

Vous pouvez alors porter assistance aux plus vulnérables, pour leur retrouver leur matériel, ou les aider à s’équiper.

Mises à l’eau : quelques traces des constatations précédentes, avec rectifications de problèmes techniques mineurs (tuyaux mal placés) ou majeurs (ceinture de plombs oubliée, bouteille fermée, DS non branché, etc…).

Plongée : petit à petit le bruit ambiant diminue, au fur et à mesure que les palanquées disparaissent, et lorsque tout le monde est parti, il règne un calme reposant sur le bateau. Il faut en profiter car cela ne dure pas longtemps, en effet car les derniers se mettent à l’eau souvent tardivement après les premiers, et ceux-ci reviennent donc peu de temps après.

Un nouveau choix s’offre à vous :

Retour des palanquées : l’agitation revient …et mouillée qui plus est !

Excitation ou déception sur la faune locale, plongeurs bouffis, patauds, dégoulinants et morveux ! (là, le tee-shirt blanc immaculé va en prendre un coup !)

Petite étude de comportement humain, axée sur la prétention, l’exagération, et les considérations matérielles (je parle surtout des plongeurs masculins) :

Retour : chacun vous transmet son expérience, certains pour se vanter, d’autres pour simplement partager avec vous. Certains vous diront que vous avez eu tort, d’autres respecteront votre choix l’ayant peut-être déjà vécu.

 

Conclusion

Vous aussi, vous avez vécu une sorte de plongée, avec les mêmes phases.

Vous aussi, vous avez été solidaire et avez porter assistance.

Vous aussi, vous avez pu observer une faune et ses comportements particuliers.

Vous aussi, vous aurez des souvenirs et des anecdotes à raconter.

Et vous vous sentez bien.

Vous avez pris ce jour là la bonne décision, celle de ne pas plonger, et vous ne le regrettez pas !

 

 Le Schtroumpf "desfoispasplongeur"