VIVE LA CONSO, VIVE LE DIRECT-SYSTEM !

  

CONSO ATTITUDE

 

L’angoisse de beaucoup de plongeurs " débrouillés ", c’est à dire plus tout à fait débutants, mais pas encore vieux routiers, c’est cette " putain " de conso qui est toujours supérieure à celle des autres !

Différents cas de comportements se présentent :

Pourquoi ces attitudes ? parce que ils ont à faire face quasiment tout le temps à des remarques, des moqueries, et des sarcasmes sur cette fameuse conso élevée, par des " vieux de la vieille ", ou des jeunes loups sûrs d’eux, qui n’ont d’autres but dans la vie (et la plongée) que de tenter d’en mettre plein la vue aux autres pour renforcer leur position dominante !

Le prétexte est à chaque fois que la plongée aurait pu durer plus longtemps, si " l’autre naze " n’avait pas sucé son bloc en un quart d’heure !

 

Or, quoi ?

Le stress et la peur sont des réactions normales dans une activité à risque comme la plongée ; en aucune façon, une honte doit venir s’y rajouter, en amplifiant ainsi le phénomène.

Nous ne sommes pas égaux physiologiquement, et certains gabarits ont une capacité totale de plus de 8 litres ! Rester calme n’y changera rien.

D’autres facteurs (voir plus loin) interviennent pour nous faire consommer plus.

Ceux qui ne comprennent pas, et qui ne veulent pas partager les difficultés en plongée, n’ont qu’a passer rapidement leur niveau 3, et plonger avec leur " frère jumeau-conso ", pour plonger plus longtemps (et plus profond bien sur, c’est lié chez ce genre d’individu !)

 

Quoi qu’il en soit, face à ces comportements, certains plongeurs vont vouloir diminuer coûte que coûte cette fameuse conso, et là plusieurs erreurs sont commises:

Arrêtons-nous sur cette dernière solution et regardons en détail si le bilan est bien celui escompté ?

 

CONSO-STAB

Reportez-vous tout d’abord en annexe au petit rappel sur le " soufflet pulmonaire ", et sur les différents volumes mis en jeu dans la ventilation (valeurs moyennes).

 

Si l’air que vous avez soufflé dans la stab est complètement gratuit, l’opération complète, elle, ne l’est pas du tout.

En effet réfléchissons ensemble à la manœuvre effectuée, et notons chaque fois que nous consommons plus que notre rythme normal.

- ces 1L de réserve inspiratoire

- 0.5L de volume courant

- 1.5L de volume de réserve expiratoire

soit, 3L dans votre stab, qui sont chargés de CO2, et qui n’ont pas été pris sur votre réserve d’air " propre " bouteille.

Bien oui, mais l’opération n’est pas terminée, il vous faut peut-être reprendre votre respiration, non ?

Vous reste-t-il assez d’air dans vos poumons pour chasser l’eau de votre embout ? certes non, et vous ne voulez pas prendre de risque, alors :

Votre ventilation a été perturbée, et il y a fort à parier que votre rythme et votre volume courant vont être augmentés pendant quelques cycles, suite à cette manœuvre (++) ; l’effort est plus coûteux que la réduction de CO2 par l’expiration forcée.

 

Une seule opération sera en générale insuffisante, et vous allez enchaîner plusieurs fois la manœuvre.

Si l’on fait le total, (pour une seule manœuvre) on aura sur-consommé : 4L (++++), soit certainement plus de 5 litres. Si l’on compare dans le tableau suivant, en estimant que l’opération d’expiration dure un cycle inspiratoire normal en plus:

Vous voyez qu’avec des chiffres optimistes, le bilan est déjà négatif.

Pour 3L " gratuits " soufflés, il nous en coûte plus de 4L sur notre bouteille.

Il serait intéressant de préciser ces chiffres, grâce à des mesures réelles (débit-litre et chrono), mais pour le propos, je pense que les approximations suffisent à démontrer qu’il s’agit là d’une mauvaise méthode.

Encore plus mauvaise encore, si l’on considère les risques.

  

Le direct-system lui, vous permet de garder :

Il faut simplement procéder par petite doses régulières, et apprécier à chaque fois le résultat, et non pas d’un coup une fois au fond, comme on le voit trop souvent, avec immédiatement après, une purge infernale, car on en a trop mis !

N’oubliez jamais non plus le " poumon-ballast ", que l’on vous " serine " depuis vos débuts et que très peu de monde utilise correctement, avant de toucher aux petits boutons de la stab.

  

CONSO-CONSEILS

 

La consommation n’a rien de honteux, et seuls l’aisance (grâce à l’entraînement régulier) et l’expérience (plonger et plonger encore, quelquefois dans des conditions difficiles si possible : froid, visibilité réduite), vous permettons de vous détendre au fond et de diminuer naturellement votre rythme ventilatoire.

Autres axes de travail :

Mais de grâce…

RESPIREZ NORMALEMENT SANS RETENUE,

GONFLEZ DU DOIGT, ET …

CONSOMMEZ !

 Le Schtroumpf "kipompskifaut"

  


ANNEXE – LE " SOUFFLET PULMONAIRE "

 

 

VMA: volume mort anatomique (hors poumons)

VR: volume résiduel (incompressible)

VRE: volume de réserve expiratoire (expiration forcée)

VC: volume courant (ventilation normale)

VRI: volume de réserve inspiratoire (inspiration forcée)