EXPERIENCE D’UN PASSAGE NIVEAU 4

 

Fin 1998, Erik, Max, et moi, les trois compères du niveau 2 et du brevet d’initiateur, décidons ensembles de nous lancer dans l’aventure du niveau 4, car ... c’est une aventure !

Si certains vous disent: " bof, il suffit de s’inscrire à un stage de quinze jours cet été, et puis c’est fini ! ", ne les croyez pas, ou vous allez au devant de sévères déconvenues. Cela se prépare, au moins six mois à l’avance (on en a pris neufs bien tassés), et oui ...., c’est le temps nécessaire pour:

- ingurgiter, et surtout assimiler tous les aspects théoriques, notamment certaines matières qui ne vous sont peut-être pas familières selon votre formation scolaire ou professionnelle; bouffer des exercices et des annales.

- se préparer physiquement (même ceux qui croient être bons à ce niveau). Les épreuves sont bien spécifiques et bien précises, et il faut s’entraîner pour elles, et pas autre chose.

- s’entraîner en milieu naturel, avec combinaison et lest. Les étangs de Cergy, font très bien l’affaire pour la nage, le capelé, et le mannequin (rien à voir avec la piscine !)

- acquérir les réflexes, et les gestes techniques nécessaires pour ces épreuves très diverses (mannequin, apnée, sauvetage palmes, RSE 20m, gestion stabs dans diverses configurations d’assistance et de matériel)

- prendre conscience du comportement recherché (et évalué par le jury) du futur guide que vous serez, et des responsabilités qui pèseront sur vos épaules

- et enfin plonger (technique si possible) le plus grand nombre de fois dans la zone des 40m: IMPERATIF !

Vous voyez rapidement que six mois deviennent très courts pour conjuguer tout cela, et ainsi arriver au stage final: prêt et serein sur les épreuves, bien physiquement, et dans sa tête.

Nous avons choisi de participer à la cession organisée par notre comité du Val d’Oise (CD95), et nous ne regrettons pas ce choix, car l’organisation était parfaite:

- les cours théoriques bien étalés (sur 16 semaines), ce qui permet de travailler chaque matière successivement

- des moniteurs rigoureux, sans concession, mais sympathiques et motivants

- un accompagnement sous forme de sorties d’entraînement, à vocation d’exercices bien sûr, mais aussi de contacts et de connaissances avec les autres stagiaires (cohésion de groupe), et avec les moniteurs (futur jury d’examen). Ce point est très important !

- la théorie a été passée avant de partir pour le stage pratique final, et c’est aussi un point très positif par rapport à ce qui se fait habituellement.

Max nous a malheureusement abandonné en " courte finale ", pour garantir sa santé.

Erik et moi avons abordé le stage sereins, car bien préparés: entraînement le lundi soir, le dimanche matin, pour moi aussi le vendredi soir, avec cet été à titre d’exemple des dimanches matins, où nous enchaînions: 800m PMT, 500m capelé, sauvetage mannequin, et .... sieste l’après-midi ! (on est pas des bééétes !). Des épreuves encore à redouter, pour ma part: le sauvetage palmes, mais avec une analyse des erreurs déja commises, et en visualisant souvent (quelques insomnies !) la séquence de gestes à réaliser, j’étais confiant.

Il faut peut-être que je modère mes propos, car le but n'est pas de vous décourager. Si vous êtes conscients de ce que cela représente de le préparer, d’une part, et après, de l’avoir d’autre part, alors c’est faisable; regardez comment je suis " gaulé " physiquement, avec mes 41 ans, et vous verrez tout de suite que c’est possible !

Le stage s’est bien déroulé, mise à part une météo capricieuse en début de semaine, ce qui nous a empêché de faire les dernières plongées d’entraînement (intérêt supplémentaire d’arriver déja prêt !). Mise à part une remontée assistée SSG de 30m un peu calamiteuse (pour tout le monde, curieusement !), toutes les épreuves se sont bien déroulé, nous rendant chaque fois plus sereins pour les suivantes. Et c’est avec soulagement, car déja sûr du résultat final, que j’ai poussé un cri énorme lorsque j’ai largué le " putain  de mannequin " au président du jury à l’arrivée de cette dernière épreuve. Cette épreuve restera gravée à jamais dans ma mémoire, car elle a été porteuse d’émotions intenses, lorsque certains stagiaires étaient en difficulté, et puisaient des ressources insoupçonnées au fond d’eux-mêmes, portés par les cris d’encouragement des autres, et du jury !

A l’arrivée: des épuisements, des larmes, mais aussi de la joie, de la fierté, et un enrichissement intérieur; c’est aussi ça le niveau 4: une aventure humaine !

Certes, cela fait du bien lorsque c’est fini, malgré la bonne humeur et les délires hors épreuves; overdose de stress, de technique, et d’évaluation. Mais le désir de plonger s’en trouve paradoxalement renforcé, car de plus en plus libéré des aspects techniques et matériels, des réflexes bien ancrés en soi, on s’ouvre complètement à la sensation et aux éléments ...... POUR LE PLAISIR DE PLONGER, ... ET AUSSI ... DE FAIRE PLONGER !

Bon courage à tous les prétendants.

Jean-Paul